Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog
/ / /

Apprendre une langue étrangère c’est d’une certaine manière apprendre à lire et à communiquer, dans l’improvisation , des informations et des émotions dans une langue qui n’est pas la sienne. C’est savoir utiliser ses connaissances linguistiques, mais aussi jouer avec sa voix et son corps pour mettre en valeur ses intentions de communication dans tous les registres langagiers en fonction de toutes les situations et de tous les interlocuteurs. Pratiquer des jeux dramatiques et les activités théâtrales en classe de langue, c’est familiariser les apprenants à utiliser leur voix et leur corps dans tous leurs éclats. En classe, les situations de communication sont rarement réelles  dés lors que le thème ou le sujet sort de l’univers du lieu d’apprentissage (communications liées aux taches d’apprentissage, s’excuser d’un retard, demander une autorisation d’aller aux toilettes, etc.…), les manuels s’efforcent avec plus ou moins de bonheur de rendre ces situations les plus concrètes possibles et nombreux sont ceux qui proposent de très bons jeux de rôles. Ces derniers permettent aux apprenants de s’exercer aux milles et une facettes du langage de la vie quotidienne. Cependant ces moments sont rarement pleinement satisfaisants. La plupart des étudiants éprouvent une certaine gêne à se produire devant le reste de la classe lorsqu’ils doivent jouer un rôle. Cette situation n’a absolument rien de naturel, en effet dans la vie de tous les jours y a rarement des spectateurs qui observent nos gestes et nos paroles et quand même il y en aurait on ne se sent ni jugé ni évalué par la foule qui nous entoure lorsque l’on passe une commande dans un restaurant. C’est de ce point de vue que les jeux dramatiques et les activités théâtrales sont forts utiles pour l’apprentissage d’une langue étrangère.

Nous employons les termes de Jeux dramatiques et d’activités théâtrales qu’il convient cependant de définir car ils revêtent des aspects distincts. Les jeux dramatiques se différencient des activités théâtrales. Les jeux dramatiques appartiennent aux activités spontanées des enfants et des petits enfants, lorsqu’ils reproduisent des situations lues, vues ou vécues riches en émotions. Les participants reproduisent leur quotidien lorsqu’ils jouent au papa et à la maman, à la maîtresse, à l’infirmière, à la dînette, ou mettent en scène les aventures des héros auxquels ils s’identifient lorsqu’ils jouent aux petits soldats, aux cow-boys et aux indiens etc. Dans tous les cas, les jeux dramatiques font, dans leurs formes spontanées, appel au vécu et à l’imaginaire de la personne et ils participent au développement de la personnalité.  Dans les jeux dramatiques, les participants jouent pour eux-mêmes, seul le plaisir de jouer est recherché, sans souci de la présence d’un public. L’espace scénique n’a donc pas le même sens  qu’au théâtre et les appréciations des spectateurs ne sont pas recherchées. Le rapport aux textes et aux dialogues est lui aussi différent. Alors qu’au théâtre, textes et dialogues sont prévus, mémorisés et orchestrés par une mise en scène,  les jeux dramatiques font davantage appel à la spontanéité, à l’improvisation et à l’immédiateté de la  relation.

Les jeux dramatiques font cependant appel aux activités théâtrales puisqu’ils mettent en jeu la personne dans sa globalité à travers des activités d’expression corporelle et vocale au sein d’un groupe. Dans le cadre d’un atelier d’activités théâtrales et de jeux dramatiques, l’enseignant animateur, en général,  tient compte des éléments suivants :

Le corps : Des échauffements et des assouplissements sont nécessaires afin d’une part de préparer le corps aux jeux d’expression par la détente et de rappeler à la conscience que toutes les parties du corps peuvent être sollicitées dans ces jeux.

L’espace : des exercices permettent aux participants d’appréhender l’espace et les espaces, l’espace réel, souvent celui de la salle de classe, comme ceux imaginaires qui s’inscrivent hors du quotidien.

La respiration et la voix : Ces éléments sont un aspect déterminant de la communication, ils participent à l’expression des sentiments à travers le sens des mots, leur registre, leur intonation.

Le contact avec les autres, le groupe : Un groupe n’a de sens que s’il existe en vue du développement harmonieux de chacun des individus  qui le compose. Les exercices de contact permettent  une approche de l’autre en toute confiance. Un groupe solidaire et sécurisant va permettre  à chaque personne de se risquer dans le jeu.

L’écoute et le rythme : Ces éléments renforcent la concentration et l’écoute, ils concourent à l’accroissement du travail en équipe et au sentiment de confiance entre les participants.  

Rapidement, les apprenants deviennent des acteurs, dans tous les sens du terme. C'est-à-dire qu’ils rentrent dans la peau de personnages qu’ils font agir, réagir et interagir dans des situations de communication. Se faisant, les apprenants deviennent acteurs de leur formation, dans le sens où ce sont eux qui agissent vraiment. Ils ne sont plus de simples consommateurs de savoir derrière leur pupitre mais ils participent à la construction de leurs apprentissages. Si l’atelier de jeux dramatiques se transforme en atelier de théâtre avec comme objectif la création d’un spectacle, l’enseignant pourra se confronter aux joies de la pédagogie du projet et de la pédagogie institutionnelle.

Dans ce genre d’atelier, les apprenants deviennent des comédiens. La pratique du théâtre les fait jouer la comédie car il s’agit bien de comédie et de jeux. Ce qui prime dans ce cadre c’est le plaisir de jouer des situations fictives dans lesquels ils glissent avec leurs gestes et leur voix leurs propres sentiments. Apprendre une langue étrangère n’est jamais une chose facile. Il y a une multitude d’éléments à retenir, de règles à comprendre et à appliquer, une foule d’exceptions à se rappeler. Cela suppose des heures et des heures d’écoutes, d’attentions d’efforts. Parfois les résultats sont longs à venir, plus d’un apprenant se sentent découragés face à l’entreprise. Introduire du jeu et du plaisir, c’est rendre moins pénible le travail d’apprentissage. C’est tisser des liens affectifs entre l’apprenant et la langue. C’est ajouter des éléments de motivation. Dans un atelier de jeux dramatiques et d’expression théâtrale, les participants vont en plus apprendre à écouter et s’écouter, ils vont se risquer dans des travaux de création, apprendre à connaître leur corps et à se regarder, ils vont développer leur sensibilité, accepter leurs émotions, ils vont travailler leur imaginaire, s’accepter les uns les autres, et bien évidemment manier des registres variés de langue.

Ces activités sont naturellement extrêmement riches pour quiconque voudrait travailler la diction, l’élocution, la phonétique, l’intonation. Pour mettre en scène ses sentiments, ses intentions, ses sensations et les transmettre à ses partenaires de jeux et à un éventuel public, il faut mettre en relation son vécu, son imaginaire, ses représentations et ses aptitudes linguistiques.

Delors que l’on travaille les textes, les apprenants manient et mémorisent des structures linguistiques diverses et variées. Pour jouer ses sentiments, il faut comprendre ce qu’il se passe y compris dans le non dit des mots, la grammaire prend bien souvent un tout autre sens lorsqu’elle se glisse  dans la subtilité d’un contexte, d’une relation ou d’une intrigue. A propos de l’écrit, lorsque l’on travaille sur de véritables créations, l’atelier théâtre s’enrichit d’un atelier d’écriture. Langage et écriture deviennent alors vivants, et prennent tout leur sens dans une réalité concrète.

Nous avons constatés à maintes reprises que certaines expressions issues de dialogues deviennent des leitmotive. Ils participent aux renforcements des liens affectifs qui unissent l’apprenant avec la langue mais aussi avec le groupe (classe, troupe …) dans lequel il s’investit. Ces renforcements sont primordiaux pour tous les apprentissages. Trop souvent, les apprenants sont mis en situations de concurrence. Situations, où le premier est unique et bénéficie d’avantages multiples : reconnaissance sociale, approbations, félicitations, parfois de réels avantages comme l’accès aux meilleures places (universités, écoles…). Cette concurrence génère bien évidemment des effets pervers. Tel que le  sentiment d’impuissance et d’abandon lorsque l’apprenant se persuade qu’il ne pourra jamais y arriver. Dans les situations les plus désespérées, la pression est tellement forte que certains étudiants tentent de mettre fin à leurs jours. Dans d’autres établissements, se tissent dans le non dit la résignation et le refus de la concurrence. Ce que les étudiants valorisent alors, c’est le dénigrement des apprentissages. Les enseignants ont alors toutes les peines du monde à intéresser les étudiants à leur matière.

Les jeux dramatiques et les activités théâtrales induisent des relations interpersonnelles fortes où la solidarité, et la confiance sont incontournables. Il n’y a pas vraiment de place ni pour des premiers ni pour des derniers sauf si nous voulons transformer notre classe de langue en cirque de singes savants. Nous voulons dire par là que la nécessité de spectacle ne justifie pas les ateliers théâtraux. Faire du spectacle pour du spectacle et choisir le meilleur élève pour un premier rôle parce qu’il est le meilleur est contraire à tout principe pédagogique. Les apprentissages linguistiques seront bien plus efficients dans une ambiance de confiance, de respect et de plaisir.

  Bibliographie :

Entraînement théâtral pour les adolescents, expression corporelle et développement de la personnalité, A. Héril et D. Mégrier, édition Retz, collection pédagogie pratique, Paris 1994.

60 exercices d’entraînement au théâtre, A. Héril et D. Mégrier, édition Retz, collection pédagogie pratique, Paris 1992.

Repères pour le jeu dramatique in les cahiers de l’animation vacances loisirs numéro 18, B. Grosjean, revue des CEMEA, avril 1997.

Activités d’expression, cahier publié par les CEMEA

Pièces et dialogue pour jouet la langue française, Sylvaine Hinglais, Myrtha Liberman, édition Retz collection expression théâtrale, Paris 1999.

Enseigner le français, par des activités d’expressions et de communication, Sylvaine Hinglais, édition Retz, collection outils pour la formation, Paris 2001.

Saynètes et dialogues, pour jouer la grammaire française, Sylvaine Hinglais, Paris 2007.

 

On achète rarement ses billets de train avec ses livres de grammaires sous le coude

Ces jeux peuvent même avoir un aspect thérapeutique dans la gestion des émotions et des sentiments lorsqu’une personne rejoue des situations douloureuses auxquelles elle a été intimement liée. Nous ne pouvons que déconseiller aux enseignants n’ayant aucune formation en psychologie et en psychiatrie  de jouer les apprentis sorciers dans ce domaine

Pédagogie du Projet: il s'agit d'une forme de pédagogie dans laquelle l‘élève est associé de manière contractuelle à l'élaboration de ses savoirs. Le moyen d'action de cette pédagogie est fondé sur la motivation des élèves, suscitée par l’aboutissement à une réalisation concrète.

• Les contenus à apprendre ne sont plus atomisés, hiérarchisés, mais relié entre eux par un problème à résoudre.

• la pédagogie de projet considère les conditions d'un apprentissage aussi importantes que les contenus de cet apprentissage.

• La pédagogie de projet développe une culture du travail en équipe. Cette équipe devient un lieu de confrontation et donc de recherche permanente de sens et de cohérence entre le dire et le faire.

• La pédagogie de projet favorise l'appropriation d'un projet, par le groupe puis par l'individu, ceci grâce à des moyens simples : un choix des thématiques et des méthodes laissées au public, une dynamique de groupe efficace et une valorisation du travail effectué.

• La pédagogie de projet propose un cadre d'actions, support d'une progression vers un objectif. L'animation se décompose en une suite d'étapes s'enchaînant dans un ordre logique, mais non figé.

Source http://www.ac-versailles.fr – Académie de Versailles

La Pédagogie Institutionnelle trouve, pour l'essentiel, ses origines dans le double apport de Célestin Freinet et de la psychothérapie institutionnelle. Élaborée par des instituteurs, ce sont des praticiens qui la fondent. Jean Oury, psychiatre, fondateur de la clinique de La Borde, a proposé les termes de pédagogie institutionnelle. Selon lui, il s'agit de "l'institution de systèmes de médiation dans lesquels les personnes ne sont plus simplement face à face, mais parlant de quelque chose qui existe et œuvrant sur quelque chose qui existe en dehors d'eux et dont ils sont responsables." Institutionnel n'est donc pas à prendre ici dans le sens d'établi mais dans une perspective dynamique. Définition prise sur le site http://pig.asso.free.fr

Partager cette page

Repost 0
Article publié par :
Créer un blog gratuit sur overblog.com - Contact - CGU -